Décembre approche

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Vous n’êtes pas sans savoir que Décembre est une période particulière, il s’y passe un événement très attendu. Je ne pense pas à Noël ni aux magasins bondés, non ça ce sont juste des prétextes pour amener ce qui rassemble nombre de fidèles chaque année : le Calendrier de l’Avent mp3.

Depuis 2007 des créateurs de tous bords proposent des petites fictions audio de leur cru en rapport avec Noël, ou l’Hiver, ou le petit Jésus, ou le besoin d’écharpes pour les plus pessimistes. Chaque jour l’une de ces créations est diffusée sur le site de l’événement organisé par le Netophonix et constitue le chocolat quotidien de ses auditeurs. Une tradition à laquelle je participe depuis 2009 (l’intégralité de ma rubrique « Petites créations » a été réalisée lors de ces occasions). Vous pouvez profiter des anciennes éditions du calendrier depuis le lien plus haut, vous verrez qu’il y en a des chocolats à déguster.

Cette année les choses changent : ce calendrier proposera un feuilleton humoristique de 25 épisodes se déroulant dans le monde de mon forum de sagas mp3 favori, le Netophonix, ici représenté comme une entreprise où les membres jouent leur propre rôle. Ce sera donc une aventure forcément remplie de références au forum. Pépins sous le sapin a été écrit par AzmarMimiryudo et @now@n, les épisodes sont réalisés par divers créateurs de la sagasphère. Les personnes motivées qui souhaitent faire leurs propres créations comme lors des éditions précédentes peuvent toujours le faire, ces fictions seront rassemblées en bonus en parallèle du feuilleton.

N’hésitez pas à écouter ce feuilleton au jour le jour. Connaissant les scénaristes et ayant entendu des retours de personnes dans la confidence, cela s’annonce bien rigolo même pour les personnes qui ne sont pas familières du forum.

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Demande d’avis

Vous connaissez certainement la plateforme musicale Deezer. Figurez vous que j’ai reçu un mail de leur part : un catalogue de podcast est en cours de construction et l’on me propose de fournir mon contenu. C’est une proposition très inattendue, j’imagine que j’ai été déniché via podcloud. Il est assez alléchant d’imaginer une plateforme aussi connue diffuser mes créations, ce serait là une sacrée publicité. Mais je suis mal à l’aise à ce sujet et je viens vous demander votre avis.

Mes fictions audio contiennent pas mal d’éléments dont je ne suis pas propriétaire, comme des musiques non libres de droit, des musiques à la licence creative commons « pas d’utilisation commerciale » et des bruitages eux-mêmes sous licence (généralement : « pas d’utilisation commerciale »). Or Deezer fournit ses services via un abonnement payant, ou un abonnement gratuit avec publicités. Donc l’utilisation est indéniablement commerciale. J’ai la liste de toutes les musiques utilisées (mais pas de tous les contributeurs au niveau des bruitages, je ne m’y suis hélas pris que trop récemment pour eux), je me suis permis de diffuser mes créations parce que je citais les artistes et que je ne faisais aucune utilisation commerciale, ma conscience morale était tranquille. Là c’est bien différent, il est même question que je sois rémunéré (quid de mes acteurs qui ont bossé aussi ?). Je sais qu’il y a de nombreux podcasteurs (audio ou vidéo) qui le font sans rechigner, je ne critiquerai pas leur choix parce qu’ils ont créé du contenu, mais ça me gêne de le faire à titre personnel. Je peux toujours dire non à la rémunération (qui serait de toute façon dérisoire), mais cela ne change rien à la question commerciale puisqu’un profit est quand même généré. Mes fictions sont un hobby pour moi et je trouve que ce serait malhonnête de ma part de les inclure dans un tel système malgré tous mes « emprunts », malgré les sons que j’ai récupéré qui sont libres de droits à la condition de ne pas en faire cette fichue utilisation commerciale.

J’ai commencé par refuser cette proposition, la réponse obtenue me signale que Deezer est un simple diffuseur et qu’il y a aussi peu de chance d’être poursuivi là-bas que sur Youtube. Certes. Mais ce qui me gêne est surtout un cas de conscience morale. La perspective d’être diffusé un peu plus m’enchante pourtant, je produis quand même pour être écouté (même si ça n’ajoute que 2 auditeurs). Je suis faible et sujet à la tentation. C’est pourquoi je vous demande ici ce que vous pensez de cette offre compte tenu de mes principes. Il faut savoir que je n’ai réellement aucune envie d’être rémunéré (même d’une poignée d’euros) sur des créations dont beaucoup de briques ont été fournies par d’autres, je n’ai par exemple pas l’intention d’avoir un compte Tipeee et l’argent n’aurait aucune influence sur la qualité ou la quantité de mes productions.

Je tends largement à décliner une nouvelle fois cette offre mais je souhaite quand même avoir votre avis ici, Twitter n’étant pas le bon endroit pour discuter de la question.

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Le Let’s Play, ou comment louer des amis

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Ceci est une reprise d’un article que j’avais écrit sur Senscritique alors que je n’avais pas de blog. Maintenant que j’en ai un, autant que je remette cet article à sa vraie place.

Le Let’s Play est un type d’émission assez particulier : il s’agit de regarder quelqu’un jouer, à un jeu vidéo le plus souvent, mais toute forme de jeu peut convenir. On le retrouve particulièrement sur Internet et il peut prendre plusieurs formes. Il y a déjà le vidéo test, qui n’est pas toujours considéré comme du Let’s Play mais qui consiste quand même à regarder la vidéo d’une personne qui joue à un jeu. Le vidéo test a pour but d’informer le spectateur sur la qualité du jeu pour le guider dans son achat, comme les fameux Level One de Game One et ses descendants. La sympathie qu’attire l’animateur a évidemment un rôle crucial dans le succès de cette émission et une vidéo amusante sera toujours très appréciée (autant joindre l’utile à l’agréable), mais ça reste quand même une vidéo d’information. Elle durera de 5mn à 30mn selon les testeurs et selon la richesse du jeu. « Et les vidéos de Hooper alors ? Ce sont des vidéos test de 2-3h ». Franchement, personne ne me fera croire qu’on va mater une vidéo de deux foutues heures (dont parfois 15mn sur l’écran titre où Hooper nous parle de sa life) juste pour se faire un avis sur un jeu. Le vrai intérêt de ces vidéos n’est plus là, mais j’y reviendrai plus tard. Donc non, les vidéos de Hooper de 2h ne sont certainement pas des vidéos test mais des Let’s Play qui profitent de leur format pour donner un avis sur le jeu, en bonus.

Une autre forme de Let’s Play est le walkthrough, c’est sans doute celui qui passionne le moins les foules. Il s’agit de la vidéo de quelqu’un qui parcourt un jeu en entier (découpée en plusieurs parties). Généralement le joueur ne dit strictement rien, il se contente de finir le jeu à un taux de complétion variable. Ce genre de vidéo servira surtout d’aide pour les joueurs qui sont bloqués, voire de découverte du jeu pour ceux qui ne peuvent pas y jouer mais qui veulent quand même le découvrir en laissant quelqu’un d’autre interagir à leur place. Autant dire que les walkthrough ont surtout le mérite d’exister.

Il y a ensuite les vidéos d’e-sport : on voit un joueur montrer son talent sur un jeu qui s’y prête. Le visionnage devient alors un spectacle digne d’un bon match de foot et permet d’apprendre de nouvelles techniques et de comprendre comment font les pros. Cela concerne majoritairement les jeux multi-joueurs, League of Legend en tête, mais certains jeux solo offrent aussi la possibilité d’assister à des performances stylées comme les bons Beat Them All. Enfin on peut aussi trouver des vidéos dont le but sera de partager des créations, comme les Let’s Play sur les constructions Minecraft les plus impressionnantes. Tout ce qui concerne le beau et le spectacle en somme.

Maintenant que j’ai défini les formes de Let’s Play sur lesquelles je ne souhaite pas m’étendre (sacrée intro), je vais enfin évoquer la couche qui m’intéresse, celle dans laquelle joue Hooper dont je parlais plus haut : j’appelle ça la location d’amis. Ceux qui matent 2h de Hooper ne font pas ça juste pour s’informer, des vidéos de 10mn le font aussi bien. Ce qui intéresse ces spectateurs, c’est de voir un mec sympa qui discute pendant qu’il joue. Quand on est avec un pote, 2h peuvent passer à toute vitesse. Mais là c’est un pote très particulier car si on le connaît grâce à ses vidéos, lui ne nous connaît généralement pas. On ne peut pas interagir avec lui pendant la vidéo (sauf en cas de Twitch, mais si l’animateur est trop connu vous pouvez être sûr qu’il n’aura pas trop l’occasion de lire vos messages). Il fait la discussion pour deux. Qu’est-ce que ça implique ? Qu’il n’y aura pas de dispute et qu’il vous accueillera avec la même bienveillance que tous les autres. Que vous soyez beau ou laid, vif ou lent d’esprit, que vous apparteniez à une minorité, il n’en saura rien et sera aussi sympa avec vous qu’avec ses propres potes. Comme la vidéo est librement accessible sur Internet, n’importe qui peut profiter d’un moment sympa avec quelqu’un sans avoir la moindre responsabilité à prendre, en se laissant juste aller. Le jeu auquel il joue ? C’est un support de discussion, un moyen d’avoir des choses à dire, un prétexte pour sortir une vidéo et permettre à ses abonnés de nous voir. Parfois l’animateur va chercher un jeu particulièrement improbable qui sera suffisamment intéressant pour attirer les foules, il n’aura alors qu’à le commenter. Donc il y a la plus value de la découverte. Ok.

Le succès de cette forme de Let’s Play s’en trouve assez éloquent : il y a décidément beaucoup de gens qui ont besoin de chercher des amis sans avoir à les rencontrer. Je ne critique pas cet état d’esprit, c’est une forme d’amusement tout à fait honnête. Mais elle me fait peur par moment. Déjà parce que la discussion du vidéaste est à sens unique : il parle et on écoute, l’inverse n’arrive pas en temps réel. Donc on finit par bien le connaître, à se sentir proche de lui, mais on reste un inconnu à ses yeux (sauf s’il n’a que 3 fans). Et lorsque certains admirateurs se rendent compte en dédicace que le seul « ami » auquel ils s’accrochaient n’est finalement qu’un ami imaginaire (« euh, tu sais que je ne te connais pas… »), la désillusion peut se montrer terrible et faire des ravages dans l’esprit des plus émotifs. Autre souci : est-ce une bonne chose que l’on puisse se trouver aussi facilement des amis sans avoir à passer par la case « intégration à une bande de potes » ? À une certaine dose c’est toujours sain de se trouver de quoi occuper ses soirées, mais il serait dommage que cela incite les moins sociables à se replier encore plus sur eux mêmes. Je spécule sans fondement ici, mais j’ai tout de même cette crainte. Je reconnais cependant que ce sera toujours mieux que de laisser des gens vraiment tout seuls.

Le phénomène du Let’s Play prend parfois des proportions assez délirantes quand on voit certaines chaînes qui investissent dans ce format sans comprendre ce qui a fait son succès. L’intérêt que l’on trouve dans cette émission ne vient pas de la présence d’images vidéoludiques qui bougent et font baver les geeks, elle vient du présentateur. Les premiers let’splayers (ce mot est moche…) se sont lancés avec une certaine sincérité qui a su toucher son public, mais allez demander à un animateur : « Rends toi sympa, faut que les gens s’identifient à toi ». La spontanéité n’est plus là.

« Bouh, vilaines chaînes commerciales qui veulent reprendre notre chouette concept du Let’s Play pour en faire une machine à sous ».
Reprendre ? Vous en êtes sûrs ? Vous vous êtes peut-être demandé depuis tout à l’heure pourquoi j’avais choisi la fiche des Enfants de la télé pour parler d’un phénomène à priori lié aux jeux vidéo et dans une certaine mesure à Internet. Le principe de cette émission de télé est d’inviter des personnalités connues du public français pour qu’on leur présente leurs casseroles. Mais dans le fond, ce sont des potes qui se retrouvent pour se marrer entre eux et qui invitent le public à assister à leur soirée. Le prétexte n’est pas le même (l’un joue à des jeux, les autres parlent de casseroles), le principe si. On mate des gens en roue libre qu’on connaît et qu’on trouve drôle. C’est une émission qui date de 1994 et qui a certainement des ancêtres que je ne connais pas. La commercialisation des amis à sens unique existait avant que l’on n’invente l’expression Let’s Play, elle était à la télé avant de se retrouver presque accidentellement sur le net. Touche pas à mon poste c’est encore une émission où on va voir Cyril Hanouna qui fait l’andouille, avec des effets de son et lumière et des micros sketchs en bonus. On trouve ça nul parce que le présentateur n’est pas convaincant, pas parce que le concept de l’émission est mauvais [EDIT : depuis la fois où j’ai écrit ce texte sur Senscritique en 2015, le nombre de raisons de se plaindre de l’émission a largement augmenté]. Le succès des Let’s Play le prouve.

Une fois que j’ai pris conscience de ce qu’était le Let’s Play de pote, je me suis senti gêné. J’avais l’impression de ne pas être à ma place en matant ces vidéos et je ne savais pas trop quoi penser des vidéastes qui filment leurs soirées perso pour les offrir au web. Comme si c’était devenu un bien culturel. Quand il s’agit de gens que je connais vraiment, avec qui j’ai discuté, il n’y a pas de problème. C’est comme les voir s’exprimer sur les réseaux sociaux. Pour les autres… J’ai maintenant un blocage à ce sujet, mais croyez bien que je ne souhaite pas vous empêcher de profiter de ces vidéos. Simplement je pense qu’il est très important de comprendre ce phénomène qui prend une place de plus en plus importante dans le paysage culturel au point de devenir une banalité, ce qui en rend ses effets d’autant moins transparents.

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La dictature de la crédibilité

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Ceci est une reprise d’un article que j’avais écrit sur Senscritique alors que je n’avais pas de blog. Maintenant que j’en ai un, autant que je remette cet article à sa vraie place.

« Ce film n’est pas crédible »
« Le héros aurait dû mourir 10 fois »
« Une personne responsable n’aurait pas fait ça comme ça »
« La fille court en talons, ben voyons »

La crédibilité est devenu l’un des critères de qualité les plus importants aujourd’hui dans les œuvres de fiction. Un film qui contient un passage qui n’aurait jamais eu lieu dans le monde réel se trouve sanctionné. Il n’y a qu’à voir toutes les critiques à la façon de celles de l’Odieux Connard qui sont entièrement dédiées à l’énumération de tous les écarts à la réalité que présente un film. Une fois cette liste établie, le chroniqueur (je ne vise pas ici spécifiquement l’Odieux Connard) nous laisse conclure que le film est mauvais. Comme un prof qui corrigerait une dissertation en faisant comme seul bilan : « J’ai trouvé 20 fautes d’orthographe, c’est de la merde ton travail ». Bien sûr certains de ces articles ne se considèrent pas comme des critiques sérieuses, ce sont parfois de simples sketchs ou des moyens de nous rappeler que le cinéma reste du cinéma. Mais trop souvent ces articles sont pris au 1er degré et des gens se retrouvent à cracher sur des films qu’ils n’ont pas vu juste parce qu’on leur a fait une liste de choses qui n’allaient pas. Quand ils verront le film, il va leur être difficile de voir autre chose que des défauts qu’on leur a annoncé car leur point de vue sera biaisé par la promesse d’un nanar. Dur de rentrer dedans quand on attend l’arrivée des bêtises, surtout que beaucoup de personnes se délectent d’avoir des œuvres à huer comme lors des jeux du Cirque.

La crédibilité d’un film est un point délicat à gérer. Pour certains il faut que le film soit une transposition pure et simple du réel. S’il n’est pas comme dans la réalité, la personne sort du film et considère qu’il est nul, parce qu’elle n’est pas immergée. Car la crédibilité n’est finalement qu’un autre nom pour ce que recherche réellement le spectateur : l’immersion. Si l’on n’est pas immergé, alors on se désintéresse des enjeux du film car ils nous apparaissent factices. Pourquoi est-ce que je soutiendrais la quête du héros parti rencontrer son pote au Tibet s’il suffirait qu’il lui passe un coup de fil pour résoudre tous ses soucis? Ses exploits deviennent creux. D’où l’importance de l’immersion, quitte à ce que cela s’approche d’une forme de nazisme du réalisme.

Car l’immersion est parfois plus une contrainte qu’une aide au film. Parfois elle s’oppose à la mise en scène. Un exemple : un tueur pas spécialement musclé lève son couteau et réussit à démembrer sa victime attachée en un seul coup. Pour réussir ça, il faudrait avoir une sacrée force ou avoir une sacrée hache et ce n’est pas le cas de notre tueur. La réalité voudrait qu’il donne plusieurs coups pour arriver à accomplir son œuvre. C’est ce que la recherche de la crédibilité imposerait, mais est-ce ce dont le spectateur a besoin ? Est-ce qu’il a envie de se farcir ce genre de barbarie quand le réalisateur veut juste lui apprendre qu’un personnage a perdu un membre ? Pas vraiment, alors on raccourcit le passage pour la mise en scène, ça le rend plus impressionnant. Et ça ne pose de problème à personne pour une raison simple : ce choix n’a aucun impact scénaristique. Que l’on choisisse de privilégier le réalisme ou la mise en scène, le résultat scénaristique est le même. Ce n’est pas comme si les évènements de l’histoire étaient mal justifiés ou que le héros se sortait d’un piège d’une façon particulièrement stupide, décevant le spectateur. Et pourtant, nombreux sont ceux qui se plaignent quand même. Dans Jurassic World, le personnage principal féminin libère sciemment un dinosaure. Au lieu de s’enfuir immédiatement à toutes jambes comme le ferait n’importe qui, elle reste plantée devant la porte qui s’ouvre et qui va la laisser en proie au dino. Ce comportement est stupide en soi, mais comme elle s’en sort il n’a aucune conséquence. Et surtout ça permet de mettre un face à face entre elle et le dino, et en terme de mise en scène j’aimais bien ça. Les critiques ont préféré pester sur ce choix et sur la présence des talons hauts, justifiant ainsi leurs notes assassines (bon, il y a plein d’autres trucs qui vont pas trop). Le problème de ce genre de liberté est qu’elle ne fonctionne que si le spectateur a accepté le reste du film. Si on passe la 1ère moitié du film en étant insatisfait, c’est déjà foutu car on le prend en antipathie et on n’acceptera plus le reste. Comme ce collègue qu’on ne supporte pas dont on va détester toutes les blagues juste parce que c’est lui qui les a faites.

Il y a un cas très particulier qui divise beaucoup de gens : les films qui choisissent dès le départ de ne pas s’inscrire dans le réalisme et de faire n’importe quoi tant que c’est sympa. On peut évidemment citer la SF et la fantasy, les gens ont fini par comprendre que ces films se passaient dans des univers qui ne fonctionnent pas de la même façon que le notre. Mais il m’arrive de voir des gens critiquer un film de sabre chinois câblé en se plaignant que les lois de la gravité sont bafouées. Ben oui elles sont bafouées, mais une fois que l’on s’en rend compte (il ne faut pas longtemps), le mieux est de l’accepter et de se dire « Ok, dans ce monde les sabreurs volent ». Comme dans un cartoon. Mais réagir comme si c’était une erreur dans la réalisation ou une crétinerie, c’est stupide. Je retrouve aussi ce genre de situations avec les commentaires de films bollywoodiens. « C’est n’importe quoi cette baston ». « Eyh, pourquoi ils se mettent à chanter et à se retrouver entourés de figurants qui dansent ? ». « C’est vraiment un nanar improbable ». Non, c’est un film qui refuse de faire une restitution du monde réel parce qu’il est bien plus fun de montrer des danses et de l’action over the top. Comme dans Die Hard qui choisit de ne pas faire dans le réalisme. Et une fois qu’on l’a compris, que le film reste cohérent dans cette démarche et qu’il nous l’annonce dès le début, c’est un parti pris tout à fait respectable. On aime ou on n’aime pas, mais ne réagissez pas comme si c’était interdit par les lois du cinéma. Lire des gens parler de Die Hard 4 ou de Fast & Furious 7 en les prenant au 1er degré et en disant « C’est nul parce que c’est n’importe quoi », ça me chagrine. Comme si les réalisateurs pouvaient avoir fait ça par accident.

Trop de gens jouent les effarouchés sur le sujet de la crédibilité alors qu’on peut tenter de regarder au delà pour voir ce que ces choix apportent au film, que ce soit par symbolisme, par déconnade ou pour une simple question de rythme. L’immersion est au service du film et non l’inverse. Toutefois ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit : si ces écarts à la réalité ne sont pas justifiés correctement, s’ils brisent des règles qui semblaient établies jusque là au point qu’on ne sache plus comment fonctionne l’univers du film (« Comment il va faire l’agent secret ? … en faisant soudainement des bonds de 20 mètres ? Sérieusement ? »), si les actions des personnages n’ont aucune logique satisfaisante, alors c’est sûr que cela nuira grandement au film. Simplement je demanderai au spectateur de faire la part des choses entre ce qui relève de l’incompétence et ce qui relève du parti-pris.

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Un teaser pour Enchaînés

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Oui je reviens sur ce one-shot.
Je me suis fait la réflexion qu’un fichier audio d’une demi-heure, c’était très long à l’échelle d’Internet. Quand je vois des productions de cette longueur de la part de créateurs que je ne connais pas, dont le synopsis ou la pochette ne sont pas très révélateurs du contenu ou dont je n’ai pas lu d’avis, j’ai tendance à me décourager et à oublier l’œuvre. Il y a bien trop de choses à découvrir sur Internet pour que je puisse accorder de l’attention à toutes. C’est pourquoi il est toujours important de ne pas demander au public de nous accorder une confiance aveugle quand on n’est pas spécialement connu.

Je propose donc ici un teaser pour Enchaînés que je viens de réaliser à partir d’extraits de l’œuvre (il y a même un cri que j’avais dû remplacer par un autre au montage initial, rendez-vous compte de la chance que vous avez). Parce qu’autant il faut trouver du temps devant soi pour 31mn d’audio, autant un teaser de moins de 2mn incite plus facilement à l’essai. Cela me permet de vous donner un aperçu de l’ambiance de cette fiction avant que vous choisissiez de vous lancer dedans.

Le voici en téléchargement

Bonne écoute pour ceux qui ne connaissent pas déjà 😉

Licence Creative Commons

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Pour une meilleure identification aux personnages

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Vous n’en avez pas assez de devoir vous contenter d’histoires inintéressantes à propos de parfaits inconnus fictifs ? De subir des aventures qui se veulent trépidantes alors que leurs enjeux sont artificiels ? De sortir continuellement du récit à cause d’incohérences idiotes ? Ne vous êtes vous pas lassé de ces histoires dont vous percevez trop nettement qu’elles ne sont pas réelles ?

Nous vous proposons un système vous permettant enfin de vous impliquer dans n’importe quel récit comme au temps de votre enfance. Prenons exemple sur un ressort scénaristique banal : le héros doit poursuivre une quête pour venger la mort de ses parents. Qui ici frémit encore devant la sempiternelle scène de la mort attendue des parents ? Qui ici a encore de l’empathie à exprimer pour un personnage qui de toute façon n’existe pas, que vous connaissez à peine et qui n’a jamais rien fait pour vous, lecteur/spectateur/joueur ? Personne bien sûr.

Mais et si ce héros, c’était vous ? Et si vos parents mourraient pour de vrai ? Vous pourrez enfin retrouver cette tristesse et cette rage que vous ne ressentiez plus dans les précédentes fictions, puisque ce coup-ci plus personne ne pourra briser la magie en vous disant « Pleure pas, c’est pour de faux » ! Vous retrouverez enfin quelqu’un pour qui vous êtes sûrs d’avoir de l’empathie : vous!

Vous serez par exemple amenés à vivre pour de vrai l’existence exaltante d’un personnage sans le sou, devant se battre pour trouver de quoi se nourrir afin de mener à bien sa vengeance. L’immersion sera totale car vous n’aurez pas à simuler la pauvreté, vous aurez probablement tout dépensé pour découvrir notre expérience inédite. Le coût peut paraître élevé mais il permet le paiement des nombreuses personnes qui interagiront avec vous. Cela inclut le tueur à gages que vous aurez financé pour qu’il assassine vos parents, ou vos meilleurs amis si vous n’appréciez pas assez vos géniteurs pour que leur trépas vous apporte spontanément le déchirement recherché.

Simple, mais il fallait y penser.

Ne vous inquiétez pas, vous serez guidés pour vivre l’aventure convenablement. Nos études ont démontré que vous aviez 63% de chances d’avoir parmi vos proches une personne faisant partie de nos services depuis sa naissance, une personne qui saura s’adapter selon le scénario pour vous amener là où il faut. Peut-être que ceux que vous prenez pour vos meilleurs amis depuis l’école primaire tenteront de vous tuer pour les besoin de l’aventure. Vous devrez alors choisir entre les supprimer ou les laisser en vie (attention, éliminer un de nos salariés implique par contrat que vous preniez ensuite sa place plus tard, si vous survivez). Si cette révélation du héros trahi par quelqu’un de confiance vous a toujours semblé prévisible et surfaite, préparez vous à être étonnés !

Mais si vous n’avez pas assez d’amis pour rendre l’expérience convaincante, nous pouvons toujours vous fournir un scénario adapté. Nous avons un large panel d’histoires d’amour à vous proposer avec des acteurs dévoués à la tâche. Ce n’est pas comme un site de rencontre, ici nous offrons des profils problématiques et nous intervenons pour vous compliquer la tâche. Notez qu’une fois l’histoire achevée vous devrez laisser nos agents retourner à leur travail, mais rien ne vous empêche d’enchaîner avec un autre récit de ce genre, voire de relancer celui que vous venez de terminer.

Ne manquez pas cette opportunité de retrouver des émotions pures, avec des personnages qui représentent réellement quelque chose pour vous, le tout sans perdre pied avec la réalité puisque rien n’est virtuel. Actuellement notre offre ne regroupe pas certains genres, comme le péplum qui ne reflète plus notre époque, mais des nouveautés seront constamment apportées. Ne manquez pas nos prochaines œuvres post-apocalyptiques qui ne devraient certainement pas tarder à sortir.

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Je suis Thetchaff, créateur de fictions audio, majoritairement tourné vers le thriller. J'ai quelques histoires à vous raconter qui ne nécessiteront pas d'images, car le son s'avère être un outil bien assez puissant pour se suffire à lui-même.